MA DEUXIÈME CHANCE, BALTO LE HUSKY

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Ma deuxième chance
Balto, le Husky

Ne vous inquiétez pas pour moi. Je suis maintenant pleinement heureux avec ma nouvelle famille. Oh oui! Celle qui m’a offert ma deuxième chance. Mais environ deux semaines avant de faire l’expérience du coup de foudre avec ma nouvelle meute chérie, j’avoue être passé à quelques poils de la mort… Voici mon histoire.

C’était durant le mois de février, le mois le plus froid de l’hiver… Je gisais dans un fossé le long d’une route, près du poste frontalier de Jackman. Un gentilhomme, qui empruntait chaque jour ce chemin pour aller gagner son pain, finit par me remarquer. Il s’approcha lentement de moi pour s’enquérir de mon état et je sentis tout de suite une douceur à travers ses mains. Après quelques minutes d’espoir, ce monsieur me laissa et continua son chemin, se demandant probablement ce qu’il pourrait faire pour m’aider. Une fois de plus, je me retrouvais seul, couché sur ce coussin glacial.

Durant deux jours, matin et soir, ce charitable monsieur vint me porter de la nourriture. Il passait ainsi quelques minutes avec moi le matin avant d’aller travailler, ainsi que le soir au retour de son travail. Je mangeais toute ma ration, mais malgré cela, je refusais de bouger du coussin blanc que j’avais formé sous moi. Le troisième matin, alors qu’il faisait extrêmement froid, l’homme qui me nourrissait décida d’avertir le douanier de ma situation.

Ce dernier n’hésita pas un seul instant et téléphona à la SPA Beauce-Etchemin pour leur parler de moi. Dans les minutes qui suivirent, le contrôleur de la SPA embarqua dans sa camionnette et parcourut les 60 kilomètres séparant la SPA du poste frontalier de Jackman. En arrivant près du fossé, le contrôleur descendit de son véhicule et m’interpella. Puisque je refusais de me déplacer, il s’approcha tranquillement de moi, me prit doucement dans ses bras et me déposa dans la fourgonnette.

Mais, en me soulevant de mon coussin de neige, un détail avait retenu l’attention du contrôleur. Cet amoncellement sur lequel j’étais demeuré figé ne semblait pas constitué uniquement de neige. Il retourna donc au fossé et déterra avec ses mains cet amas de neige. Ce qu’il découvrit le remplit de compassion. Il trouva mon pauvre frère Husky, décédé, qui gisait là. Mon camarade d’errance fut moins chanceux que moi… En effet, il s’est fait frapper par une voiture. En toute fidélité et au péril de ma vie, je demeurai près de lui jusqu’au dernier battement de son coeur. Personne ne connaîtra jamais son nom, mais pour moi, il s’appelait Boris.

La chaleur dans la camionnette était apaisante, et pour la première fois depuis plusieurs jours, je sentais le sang esquimau couler de nouveau en moi. Je suis arrivé à la SPA le 13 février et je me suis réveillé le lendemain matin, entouré de soins et d’amour. Comme par magie, nous étions le 14 février, jour de la Saint-Valentin. Deux semaines plus tard, un couple passa me voir à la SPA et la connexion se fit instantanément entre nous. Je vis maintenant sur un grand terrain avec plein d’espace pour courir et explorer. Est-ce qu’un Husky pourrait demander mieux?

Merci à tous ceux qui ont participé à mon sauvetage.
Je vous aime inconditionnellement,

BALTO